Tous Dehors France milite pour que la nature soit indiscociable de l'éducation du XXIème siècle


Les modes de vie d'aujourd'hui numériques et urbain (mais les ruraux ne sont pas épargnés), éloignent toujours plus les humains de la nature.

Ce syndrome du manque de nature a été médiatisé aux Etats-Unis au début des années 2000, à travers les travaux de Richard Louv, un journaliste spécialisé. Depuis, de nombreuses études scientifiques ont prouvé l'importance de l'expérience de nature pour le développement, la santé et l'épanouissement des humains et particulièrement des enfants.

« Le syndrome du manque de nature ou nature-deficit discorder désigne un ensemble de symptômes et de signes cliniques, qui peuvent être liés à certaines maladies, ou simplement à des écarts à la norme. En 2008, un rapport de Birdlife international sur « Le bien-être grâce à la nature dans l’Union européenne » a montré que la santé et le bien-être des humains étaient en jeu, tant sur le plan physique que psychique : obésité, maladies cardio-vasculaires, diabètes de type II, dépressions, stress, grandes fatigues1… »

« Outre les problèmes de santé, des chercheurs ont mis en évidence que l’absence de contact avec la nature et la prédominance d’un environnement dégradé engendraient un phénomène d’adaptation de notre cerveau2 ». Ces derniers provoquent une perte d’empathie vis-à-vis de la nature et engendrent des comportements toxiques tels que des peurs, du désintérêt ou pire de l’aversion envers la nature.

Il est donc fondamental de créer ou de recréer des connexions émotionnelles à la nature, et ce dès l’enfance, pour développer un sentiment d’appartenance indispensable à notre bien-être et à la survie de notre espèce.

Dans notre monde occidental, le rapport de l’Homme à la nature est hérité de notre culture judéo-chrétienne et envisage ce dernier en opposition à la nature. Cette représentation « anthropocentrée » conduit à l’exploitation de la nature et engendre les dégradations que nous connaissons aujourd’hui. Pour preuve, le jour du dépassement3 qui apparaît chaque année de plus en plus tôt dans le calendrier.

Le constat actuel nous montre les limites de ce paradigme et on voit apparaître de nouvelles manières d’envisager la place de l’humain sur Terre qui l'envisagent dans toutes ses dimensions (intellectuelles, sensibles, kinesthésiques) et comme partie intégrante d’un écosystème naturel et complexe.

Elles aident à retisser ce sentiment d’appartenance à la Terre pour retrouver notre place au sein de l’écosystème planétaire, pour améliorer notre rapport à l’environnement, à nous-mêmes, aux autres et à notre santé.

Notre manière de voir et de penser le monde conditionnent nos choix éducatifs et politiques. Nous devons donc questionner quels sens nouveaux donner à nos actions éducatives et comment les reconnecter à la nature pour contribuer de manière plus efficiente aux transformations profondes nécessaires.

1. Syndrome du manque de nature, du besoin vital de nature à la prescription de sorties, p4. http://reseauecoleetnature.org/system/files/le_syndrome_de_manque_de_nature-130925.pdf
  • 2. La thérapie secrète des arbres », les bienfaits de l’énergie de la nature sur notre santé physique et mentale, Marco Mengali et Marco Nieri, Ed Ideo, p31.
  • 3. « C’est la date à partir de laquelle l’empreinte écologique dépasse la biocapacité de la planète »


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